Gyeongju

Un nom imprononçable mais une ville coup de coeur, ce n’est pas pour rien qu’on la qualifie de « musée sans murs ». Ancienne capitale du royaume de Silla ( (57 av. J.-C. – 935 apr. J.C.), royaume qui a dirigé la majeure partie de la péninsule coréenne pendant prés d’un millénaire, Elle compte 4 zones inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO !

Le parc des tumulus de Daereungwon : Ce complexe unique au monde abrite 23 tombes royales de la dynastie Silla, qui se présentent sous la forme de collines de terre recouvertes d’herbe verte. Ce paysage tout en rondeur est surprenant en plein centre ville. C’est beau et doux pour les yeux, on dirait des collines de velours. On peut même rentrer dans la tombe de Cheonmachong, la seule tombe où l’intérieur a été excavé et aménagé pour nous permettre de découvrir la structure exacte d’un tumulus (une chambre funéraire en bois recouverte d’un immense dôme de pierres retenues par des centaines de pieux et de terre) ainsi que des répliques des trésors d’or découverts à l’intérieur, notamment une couronne royale spectaculaire.

J’étais trop heureuse de cette visite car de l’extérieur on se demande vraiment comment les dômes ont été monté et tiennent depuis tout ce temps. L’intelligence de cette structure et son inviolabilité (pas de couloir d’accès et une structure en galet qui s’effondre et prend au piège tout pilleur qui essaierai d’en retirer un) a permis de protéger ses trésors des pillages (contrairement aux pyramides d’Egypte) jusqu’au 20ème siècle et l’occupation japonaise.

Il y a d’ailleurs une anecdote rigolote à propos des fouilles faites par les japonais sous l’occupation. Quelques jours avant l’arrivée du Prince de Suède (diplômé d’archéologie et en visite dans toute l’Asie), les archéologues japonais découvrent des trésors inestimables dans la tombe numéro 129, notamment une splendide couronne en or massif et une ceinture royale (que l’on peut admirer maintenant au musée de Gyeongju et que Charlie porte merveilleusement bien!). Au lieu de les extraire, les Japonais décident de les laisser dans la terre et de les recouvrir d’un drap blanc, afin de s’attirer les faveurs du prince.

Lorsque le Prince Gustaf Adolf arrive sur le site le 10 octobre 1926, on lui met une truelle entre les mains et on lui indique où creuser. Sous les flashs des photographes, le Prince retire un peu de terre et « découvre » miraculeusement la magnifique couronne d’or de ses propres mains ! Le Prince est ravi, le coup de communication japonais est réussi.

Le palais Donggung et l’étang Wolji : L’ancien palais secondaire de Silla et son étang. Il faut le visiter de nuit pour les bâtiments illuminés et leur reflet sur l’eau. Féerique. On passe de quelque chose de très naturel et verdoyant la journée avec les tumulus au chatoiement des couleurs le soir sur l’étang. Au passage on s’est arrêté pour admirer l’observatoire Cheomseongdae : construit au VIIe siècle, c’est le plus ancien observatoire astronomique encore debout en Asie de l’Est. Il s’illumine aussi magnifiquement à la nuit tombée.

Vous l’avez compris cette ville est un joyau d’Histoire et d’archéologie.

La ville fait de gros efforts d’urbanisme et de mise en avant de son histoire. Il y a l’enfouissement de plus en plus fréquent des câbles électriques (en Asie c’est un énorme chantier) et la restauration des hanoks traditionnels délabrés qui se transforment en boutiques et restaurants, ce qui donne visuellement une promenade plus harmonieuse et des quartiers hyper agréables. Presque tout est gratuit : les tumulus, l’entrée dans la tombe, le musée national de Gyeongju, le temple de Bulguksa et la grotte de Seokguram.

Gyeongju propose aussi un éclairage artistique soigné qui valorise ses monuments et les chemins nocturnes, un fleurissement des promenades différent à chaque saison et une uniformisation des enseignes et du mobilier urbain, bien loin des éclairages agressifs que l’on peut trouver dans les villes asiatiques modernes. C’est réussi et ça fait du bien aux yeux ! On a vraiment apprécié ces deux jours dans cette petite ville. Un centre où l’on peut tout faire à pied, cela change positivement après deux grandes villes comme Séoul et Busan.

Maintenant, place à quelques jours insulaires sur Jeju, plus au sud du pays. Bises

Busan

Busan, deuxième plus grosse ville de Corée située en face du Japon et principale station balnéaire du pays. En quelques jours, il n’est pas facile de décrire une ville, surtout quand celle-ci est éparpillée façon puzzle entre les montagnes. Certains diront qu’il y règne un esprit méditerranéen par rapport à Séoul car le rythme y est plus lent, sans compter la mer et un climat plus doux… Je dirais qu’il ne faut pas exagérer non plus : étant nous-mêmes méditerranéens, nous n’avons à aucun moment ressenti cet esprit, même par rapport à Séoul la trépidante. Mais tout est question de point de vue. Fermons la parenthèse. Il faut prévoir, pour visiter la ville, au moins une heure de transport en commun entre chaque point d’intérêt, c’est dire à quel point la topographie n’aide pas les visiteurs. Nous sommes restés un peu plus de trois jours et nous avons essayé de « faire le tour », selon nos goûts bien entendu. J’avais établi plus ou moins le programme ci-dessous, mais la perte de temps considérable dans les transports ne nous a pas permis de tout voir.

Direction Haeundae pour la journée, l’une des plages de la ville. Celle-ci est plus « chic » que les autres. La mer en ville, c’est toujours sympa, et cette plage propose deux attractions qui nous ont beaucoup plu.

La première, à l’ouest de la plage, est une balade sur un ponton de bois sur la presqu’île de Dongbaekseom. Les points de vue sur la plage sont chouettes et la promenade agréable. (Je pensais qu’il n’existait pas en Corée de loi préservant le littoral tant les buildings sont près de la plage, et pourtant si, elle existe bien. Comment est-elle appliquée ? C’est une autre question à laquelle je n’ai pas de réponse).

Puis, en fin de journée, direction l’est de la plage où nous avions réservé, quelques jours auparavant, une Sky Capsule du Haeundae Blueline Park. Il s’agit de monter dans de mini-cabines colorées sur rail pour une demi-heure de trajet vers le village suivant. Nous avions choisi l’heure du coucher de soleil pour admirer les couleurs sur la mer et la vue sur la skyline de Gwangalli (la plage avec le pont que nous verrons le deuxième jour). Pour le retour, un chemin piéton aménagé sous les rails permet de rejoindre à nouveau la station de départ tranquillement. Les capsules empruntent le tracé historique d’une ligne de train construite initialement en 1935 sous la colonisation japonaise. Cette portion de voie ferrée en bord de mer est devenue obsolète et a été définitivement fermée en 2013. Plutôt que de détruire les rails, la ville de Busan a choisi de transformer cet espace en un parc écoresponsable (Haeundae Blueline Park) mêlant zones piétonnes vertes et transports touristiques légers. C’est une attraction phare à Busan. Nous sommes fin octobre et, même si l’effervescence d’une station balnéaire en été est bien loin, nous avons passé une journée très sympa dans ce quartier.

C’est le Gamcheon Culture Village qui va occuper une bonne partie de notre journée. Un conseil : il faut y aller en semaine, car le week-end, c’est plus que bondé. Certains diront que c’est à éviter, d’autres que c’est un incontournable. Moi, je dis qu’il est essentiel de visiter ce village, même si la comparaison générale est vraiment exagérée, Gamcheon étant surnommé le « Machu Picchu de Busan ».

Pourquoi avons-nous adoré notre visite ?

D’abord pour l’histoire du village. Pendant la guerre de Corée, Busan était la seule partie non occupée par les Nord-Coréens, et Gamcheon servit d’abri aux réfugiés. Après la guerre, devenu un bidonville, ce quartier extrêmement pauvre fut oublié de tous. Ce n’est que dans les années 2010 que le gouvernement proposa un programme de réhabilitation axé sur l’art et la couleur. Idée géniale. Depuis, la vie est revenue dans ce quartier, le monde entier le visite et c’est devenu une attraction majeure de Busan. Un petit bidonville triste devenu un immense village artistique : la preuve que l’art et la beauté changent le monde.

Ensuite, il y a la chasse aux tampons, qui permet de visiter de manière ludique avec les enfants. Il faut acheter au centre d’information la carte du village (l’équivalent de 1,50 €) qui contient un passeport avec 12 cases à tamponner. Trois parcours sont proposés : alors que la plupart des gens restent sur le plus petit, nous avons opté pour le plus long et, effectivement, une fois sortis de la rue principale, il y a très peu de monde. Il faut compter au moins trois heures pour le tour complet, avec les arrêts photos.

Pour finir, l’une des plus belles surprises de Gamcheon réside dans ses petites maisons abandonnées, transformées en galeries d’art contemporain et en installations immersives. Mais pour cela, il ne faut pas rester sur le plus petit parcours : il faut oser entrer dans ces petites maisons ou pousser les rideaux (c’est de toute façon indiqué).

Par exemple : la Maison de la Lumière (House of Light)

Cette installation joue magistralement avec l’architecture d’origine et la lumière. Des miroirs, des vitraux colorés et des éclairages LED projettent des ombres et des reflets mouvants sur les vieux murs. L’espace minuscule semble s’agrandir à l’infini. C’est une métaphore visuelle de la renaissance et de l’avenir radieux du village.

Nous avons terminé la journée sur la plage de Gwangalli où le pont Gwangan, initialement conçu pour des raisons purement logistiques, a radicalement modifié la fonction de la plage. En barrant l’horizon, il est devenu une icône esthétique. Équipé de milliers de LED interactives, il a transformé la plage de Gwangalli en un immense théâtre urbain nocturne, attirant une population plus jeune. On y a passé un moment le temps de voir la baie s’illuminer.

Nous avons également visité le temple en bord de mer Haedong Yonggungsa, joué à des machines attrape-couillons, passé des heures dans les bus et le métro, mais aussi beaucoup marché et observé la société coréenne. Il y a des phénomènes sociaux hallucinants qui se déroulent ici, dont on n’a pas idée en France, et qui égratignent la vision édulcorée que l’on a de ce pays.

D’une vision d’abord loufoque pour nous, on se rend compte en tirant le fil que la situation est plus dramatique qu’elle n’en a l’air. Par exemple, ici, beaucoup de jeunes gens poussent des poussettes, oui, mais avec de petits chiens et non des bébés à l’intérieur. Pourtant, de loin, c’est à s’y méprendre : les poussettes, le pare-soleil, le plaid, le papa qui pousse et la maman qui vérifie que tout va bien… jusqu’à ce qu’un bichon nain surgisse. C’est drôle au premier regard, mais à la réflexion, non. Cela signifie que la jeune génération a renoncé à faire des enfants. Le phénomène est visible partout en Corée, mais encore plus à Busan.

La Corée du Sud connaît le taux de natalité le plus bas au monde. De plus en plus de jeunes couples ou de personnes célibataires choisissent de ne pas avoir d’enfants et reportent leur affection parentale sur un animal de compagnie. Le chien n’est plus un simple animal domestique : il est traité comme un membre de la famille à part entière, un « bébé-fourrure ».

Ils y renoncent car, dès la naissance, l’hyper-compétitivité se met en place et oblige, dès la maternelle, les parents à payer des cours privés après l’école (Les hagwons), horriblement chers (les poussant à s’endetter pour la scolarité de leur progéniture), et à sacrifier leur enfance (avec des journées de 8 h à 22 h) pour une unique raison : l’examen du Suneung (l’équivalent du baccalauréat). Cet examen détermine clairement si tu vas rater ta vie ou non dans la société coréenne. C’est aussi simple que cela. Et quel est le rapport avec la choucroute, me direz-vous ? Eh bien, si tu ne prends pas des cours particuliers dès la maternelle, tu ne peux pas répondre aux questions du Suneung (car celles-ci ne sont pas traitées dans le système scolaire classique). Ainsi, tu rates ton examen. Si tu rates ton examen, tu n’as pas un bon travail ni une bonne situation, et donc tu ne peux pas t’acheter un appartement (le summum de la réussite sociale en Corée). Par conséquent, tu ne peux pas te marier ni avoir d’enfants (car il n’y a que 3 % d’enfants nés hors mariage en Corée, contre plus de 60 % en France ; ici, pour avoir un enfant, il faut impérativement se marier). Donc, pour éviter tout cela, ils reportent leur affection et leur argent sur un animal de compagnie. Officiellement cette année la vente de poussette pour chien a dépassé celle pour les enfants. Même si le pays a mis en place une aide à la natalité parmi les plus agressives au monde, le poids des traditions et la rigidité de la société coréenne restent encore un frein pour la jeunesse. Peut-on vraiment les blâmer ?

NB : Pays de paradoxe : la viande de chien est toujours commercialisée en Corée. Une loi prévoit la fin de cette pratique en 2027.

Voilà, c’est sur cette question que nous quittons Busan et que je vous laisse méditer. Bises.

Séoul partie 2

Nous voilà déjà arrivés aux trois derniers jours à Séoul, comme la première partie celle ci fût intense également. Nous prenons énormément les bus et le métro mais cela ne nous empêche pas d’avoir une moyenne de 15 km/ jour à pieds.

Jour 4 : Mettez nous à disposition un palais à visiter et des tenues traditionnelles à enfiler et nous voilà les plus heureux! C’est exactement ce qu’il est possible de faire à Séoul avec en plus la petite récompense d’avoir l’entrée gratuite puisque nous avons jouer le jeu du Hanbok (tenues traditionnelles). Je trouve que c’est insolite et les photos sont tout de suite beaucoup plus sympas (ce fût difficile de choisir je les aime toutes). Sans compter que durant quelques heures on peut effectivement faire un saut dans le temps. Nous nous sommes promenés dans les différentes parties du palais Gyeongbokgung dont le nom signifie « palais du Bonheur resplendissant », qui est le plus grand et le plus emblématique des cinq grands palais de la dynastie Joseon. Sa situation est exceptionnelle puisque quand on rentre dans le palais on a en face les montagnes, et aucune image parasite qui nous ferait penser que nous sommes en 2026, par contre quand on se retourne le contraste avec les buildings est saisissant.

Nous n’avons visité que celui ci. Choisir c’est savoir renoncer.

Pour terminer cette journée nous avons pris de la hauteur. Pour cela nous avons gravi l’une des 4 montagnes qui entoure Séoul: l’ Inwangsan, le sentier serpente le long de la muraille fortifiée, construite en 1396 sous la dynastie Joseon toujours. La vue est imprenable. Et mention spéciale pour Charlie qui est partie avec une entorse à la cheville, et même si on a prié le dieu des chevilles (bon avec une aide terrestre tout de même : rebouteux, froid, crème, attèle…) la semaine précédent le départ, elle marche sans se plaindre.

Jour 5 : Journée placée sous la signe de la K-pop. Nous avons eut l’idée saugrenue de prendre un cour de danse en famille et d’enregistrer le clip dans la foulée. Ce fût une expérience comment dire… Originale. Heureusement, Charlie était là pour relever le niveau! On a rit, beaucoup rit mais avons nous bien dansé? C’est moins sûr. Je vous laisse en juger en visionnant la vidéo. Je loue la patience de July notre coach. Mais voilà un chouette souvenir.

Puis nous sommes restés un peu dans le bâtiment HIKR où nous avons tourné le clip. C’est un immeuble dédié à la k-pop et aux k- dramas. Il y a des expositions ainsi différentes salles où l’on peut chanter et danser en choisissant son décor.

Pour finir sur le même thème, on a poncé les magasins spécialisés dans le merchandising et les albums k pop. C’est flashy flashy.

Vous l’aurez compris c’était une journée pour faire plaisir à Charlie qui est dans sa période k- pop et Corée du Sud. Je pense qu’on ne peut pas faire mieux, elle est heureuse. Mission réussie.

Le soir nous avons pour la première fois vu un spectacle de plus de 900 drones au stade olympique. Impressionnant. Mes photos ne font pas honneur au spectacle, c’est juste pour vous donner un aperçu.

Jour 6 : Allez on laisse la pop pour la déambulation et l’histoire aujourd’hui. Nous avons profité de la matinée pour découvrir les fresques de l’ Ihwa mural village. Il n’y en a presque plus car effacées par les habitants, soucieux de retrouver leur tranquillité. Ce petit coin de Séoul est aussi un lieu prisé pour les tournage de K dramas. On y découvre un chouette panorama sur la ville, un autre bout des remparts et le calme de la campagne.

Puis l’après midi était consacré à parcourir la forteresse de Hwaseongde à Suwon. C’est une ville à une heure de Séoul bien desservie par le métro qui malgré sa laideur d’aujourd’hui (il faut le dire) cache quelques trésors passés. Notamment ses remparts préservés que nous pouvons parcourir via un chemin de ronde. Il faut compter bien 3h pour faire le tour, car c’est une boucle. La promenade est très agréable, on progresse tantôt dans la ville tantôt dans la montagne et on peut s’amuser à tamponner son passeport (petit carnet à récupérer dans un kiosque d’information) pour collectionner les tampons des bâtiments remarquables du parcours.

Il y a aussi un quartier de fresque à visiter à Suwon et une bibliothèque spectaculaire (mais il parait que la moitié des livres sont des faux, alors on a passé notre chemin). Les coréens préfèrent utiliser les livres pour la décoration et non pour la lecture. Et puis nous n’avions plus le temps car nous avions réservé un spectacle pour le soir : Nanta show . Nous nous sommes régalés, il s’agit d’un spectacle mêlant comédie, percussions et cuisine. Oui c’est possible et oui c’est drôle.

La semaine fût intense, Et en plus de découvrir une capitale on a découvert un concept : la K culture. Plus qu’un concept un paradoxe difficile à expliquer . J’espère y arriver à la fin de ce voyage mais je ne promets rien. Direction le Sud maintenant et la deuxième ville du pays, la dénommée Busan, capitale balnéaire. Bises!

NB : notre dimanche est consacré à la logistique : 4h de bus limousine depuis Séoul, puis 1h de métro pour rejoindre notre hôtel depuis la gare routière car Busan est très étendue, laver le linge à l’arrivée et vous proposer ce récit qui j’espère agrémentera votre dimanche.

Séoul partie 1

« Une semaine pour visiter Séoul », cette phrase nous a fait rêver depuis la France et nous y sommes. Je vais couper mon récit en deux parties car nous sommes au soir du troisième jour et j’ai l’impression que nous avons vécu 3 vies déjà !

Jour 1 : Nous avons laissé les valises à l’hôtel sans nous poser, sinon nos corps maltraités par une nuit d’ avion ne se seraient jamais remis en mouvement. Nous avons filé découvrir le musée folklorique de Séoul avec joie car ce que je préfère en voyage c’est l’ethnographie, découvrir les modes de vies. Le musée comporte plusieurs parties, la première porte sur le lien entre les 4 saisons et la vie des Coréens; la seconde sur les étapes d’une vie, de la naissance à la mort, en Corée et la dernière fut une exposition temporaire sur les objets qui lient la Corée du Nord et la Corée du Sud. Il y aussi un chouette jardin avec reconstitution de maisons traditionnelles appelées Hanoks. Passionnant! Je trouve que c’est une introduction parfaite pour le voyage.

A la nuit tombée changement de programme radical, nous avons déambulé dans le quartier de Myeongdong, celui des enseignes ouvertes 24h/24h, des néons fous, de la musique à fond, des stands de nourriture de rue. Fini le calme, ici c’est le temple de la consommation et de l’enseigne qui brillera le plus. Une journée schizophrène en quelque sorte. Nous sommes passés de la quiétude d’un musée à la frénésie d’un quartier by night. Les « ados » vivent leur meilleure vie : de la street food et du shopping…

Jour 2 : J’ai commencé ma journée tôt , beaucoup trop tôt, il faut que je vous raconte. Il fait noir, tout le monde dort, j’ouvre un oeil et le réveil de l’hôtel à coté de moi affiche 7h26. Je me dis que je vais avancer la journée en allant me préparer, comme cela on gagnera du temps, d’autant que le réveil général était prévu à 8h00. Je me lève, je me douche et me prépare, puis me dirige vers la valise afin d’y prendre mes habits. Je remarque à la fenêtre qu’il fait quand même bien nuit dehors. Dans la chambre tout le monde roupille encore, et je trouve surprenant que pour une grande ville comme Séoul, il n’y ai pas âme qui vive à 7h50 en contrebas, dans la rue et que seuls les grands panneaux publicitaires s’animent. Je regarde alors l’écran du téléphone et je vois un beau « 3h50 » s’afficher, je vérifie sur le deuxième téléphone idem. Tout s’explique maintenant… Dépitée, je me recouche au milieu de la nuit, prête et pomponnée et écrase jusqu’à 9h00. Entre mon « sursaut nocturne » et le décalage horaire, la journée va être difficile.

Après un petit déjeuner rocambolesque dans une pâtisserie gérée par des tablettes, des serveurs plus influenceurs que serveurs et prise d’assaut par des coréens qui prennent absolument tout en photo, nous décidons de retrouver un peu d’authenticité en déambulant dans le Buckchon hanok village. C’était autrefois un village où résidaient les aristocrates de la dynastie Joseon. Certaines des maisons aux toits de tuiles appelées giwas sont préservées encore de nos jours. Situé entre le palais Gyeongbokgung, le palais Changdeokgung et le sanctuaire Jongmyo, le Village Hanok de Bukchon est vieux de 600 ans. Ce village devenu quartier préservé est encore aujourd’hui habité, ce qui signifie qu’il faut le visiter en chuchotant et dans des horaires bien définis. Il faut s’éloigner de la rue principale et donc de la horde de touriste silencieuse, pour avoir une vue sur ces toits magnifiques.

Comme Séoul est une ville de contraste, nous nous sommes dis que nous allions marier ce même jour l’architecture traditionnelle avec le dynamisme de la jeunesse. Un mariage heureux puisqu’il représente bien le Séoul d’aujourd’hui. Direction le quartier Hongdae pour applaudir les danseurs k pop de rue et tester le barbecue coréen. Un bon programme de soirée. Le barbecue coréen est très convivial car c’est un foyer disposé au centre de chaque table, et ici il s’agit d’ un rituel social rythmé par le partage de viandes tendres, de marinades complexes et d’une multitude d’accompagnements.

Pour déguster votre barbecue à la coréenne, suivez la tradition du ssam (emballage) :

Prenez une feuille de salade fraîche dans la paume de votre main.

Déposez-y un morceau de viande bien chaud tout juste sorti du gril.

Ajoutez une touche de Ssamjang (une sauce épaisse et addictive à base de pâte de soja fermentée et de piment).

Complétez avec un morceau d’ail grillé ou du kimchi. Et on se régale!

On a fini cette belle soirée par se faire « tirer » le portrait par des dessinateurs minutes. On insère une grosse pièce en bois dans une caricature box , on s’assoit en face d’une dame, et cinq minutes plus tard un dessin unique sort par la fente! Génial.

Jour 3 : Au programme DMZ. oui oui c’est avec une grande curiosité que nous avons décidé de faire une excursion dans cette zone tampon entre la Corée du Sud et la Corée du Nord. On a vécu un périple incroyable et difficile à croire quand on est français et que l’on vit dans un pays en paix. Car oui la Corée du Sud et la Corée du Nord sont techniquement toujours en guerre malgré un armistice signé pour l’arrêt des combats, les deux pays n’ont pas signé la paix.

C’est une grosse journée centrée sur la guerre de Corée, où l’on visite deux musées, des mémoriaux, un pont suspendu, le troisième tunnel. Il faut savoir que 4 tunnels ont été trouvés par la Corée du Sud sur une vingtaine potentiellement creusés par la Corée du Nord (même si cette dernière dément, les traces de dynamitage observées sur les parois étaient orientées vers le sud, démontrant que les tirs provenaient du Nord.), Ils ont été creusés par la Corée du Nord pour permettre une infiltration surprise de troupes vers le Sud. Les estimations militaires évaluaient que chaque tunnel pouvait laisser passer entre 10 000 et 30 000 soldats par heure jusqu’à Séoul. Puis on a pu avoir un échange avec une transfuge, c’est à dire une personne qui a fuit la Corée du Nord pour rejoindre la Corée du Sud. Elle s’appelle Songmi Han, c’est une jeune femme de 32 ans maintenant qui a fuit à 17 ans après une enfance de misère. Les larmes dansent au bord des yeux au fur et à mesure qu’elle nous livre son récit.

Puis pour continuer les réjouissances, nous sommes montés à l’observatoire, où nous pu observer aux jumelles la Corée du Nord comme des espions. C’est excitant et flippant à la fois non? Mais le plus déroutant c’est de manger un sandwich avec vue Corée du Nord à travers de grande baies vitrées. Inédit ( je n’ai aucune photo de la partie Corée du Nord c’est strictement interdit, nous ne pouvions photographier que la partie Sud). Pour l’anecdote quand la Corée du Nord utilise des tirs de missiles sur la Corée du Sud, celle ci répond par des hauts parleurs géants qui diffusent de la k-pop jusqu’à 20 km en Corée du Nord. Affront insupportable pour Pyongyang qui accuse le Sud d’alimenter les tensions.

Pour digérer toutes les émotions et les informations accumulées, nous avons fini la journée par une balade méditative le long de la rivière Cheonggyecheon, , un cours d’eau aménagé de près de 6 km de long qui traverse le centre-ville d’ouest en est. C’est un ancien égout recouvert par une autoroute surélevée, qui a été transformé en 2005 en une promenade piétonne et écologique très appréciée des seoulites et on comprend pourquoi. On rejoint par cette promenade le marché de Gwangjang où l’on se restaure de stands en stands.

J’espère que vous arrivez à apercevoir avec mon récit la complexité de cette ville résolument tournée vers le futur mais qui n’a pas totalement réglé son passé. On se retrouve une prochaine fois pour la deuxième partie de Séoul afin de tenter d’éclaircir tout ça. Bises.

NB : A l’aéroport, il faut être efficace pour ne pas y rester des heures. Et après un grand voyage quitter l’aéroport le plus vite est notre leitmotiv. D’abord la e-arrival card, il vaut mieux la remplir 3 jours avant sur le site officiel Korea e-arrivalcard, cela évite le petit papier à l’arrivée. Pour la carte de transport T-money (tu as l’application mais c’est valable que pour 1 carte donc si tu es solo ça va), il faut savoir que pour les adultes elle s’achète et se charge directement au guichet des tickets de bus, mais pour les enfants c’est dans le mini konbini en face (pourquoi on se le demande encore?). Puis les bus desservent depuis l’aéroport facilement tout les coins de la ville. Nous avons pris le 6701 qui nous a déposé au pied de notre hôtel (le Koreana Hotel ) bien situé en face de l’hôtel de ville.

NB2: Le Musée Folklorique est entièrement gratuit, pas d’audio guide mais avec l’application Papago on peut tout traduire. En parlant d’application il faut télécharger Naver map qui remplace google maps en Corée.

Le pays du matin calme

Une nouvelle destination nous attend, et pas n’importe laquelle car c’est Charlie qui a choisi « son voyage de rêve ». A 13 ans en 2026 on rêve maintenant de K-pop, de K- food et de K-beauty, la Corée du Sud à tendance à supplanter largement le New York de notre adolescence, ses films et sa street food. A la base, la Corée n’était pas spécialement sur notre liste mais pourquoi pas? J’aime l’idée que nos enfants nous fassent partager leur passion et puisque nous en avons l’occasion autant aller découvrir « en vrai » ce pays qui rayonne partout dans le monde et dont la capitale a été officiellement nommée « ville la plus attractive du monde ». Son aura est planétaire, nous allons suivre la tendance!

Nous sommes partis pour 3 semaines confortables et nos missions sont les suivantes : comprendre un pays que nous ne connaissons pas du tout, découvrir son histoire, sa culture, sa gastronomie, et répondre à la question suivante: Mais pourquoi autant de monde est « addict » à la Corée du Sud? Pour cela nous allons sillonner le pays de Séoul à l’île de Jeju en passant par Busan, Gyeongju et Jeonju.

On ne peux pas passer en coup de vent par la capitale tentaculaire si nous voulons découvrir les différents quartiers, nous resterons donc 6 jours à Séoul. Puis via le train, direction sa jumelle balnéaire avec 4 jours à Busan au Sud . On ira un peu plus au Nord en bus pour se plonger dans l’histoire avec la sublime traditionnelle ville de Gyeongju. Nous prendrons un avion intérieur pour découvrir l’île de Jeju qui nous promet quelques surprises. Puis de revenir sur le continent avec la gastronomique cité de Jeonju. Arrivera ensuite l’heure de rentrer à la maison.

Nous partons à l’automne cette année et non l’hiver comme d’habitude car nous nous sommes adaptés au pays. Les périodes idéales pour visiter la Corée du Sud sont le printemps et l’automne pour le climat, les paysages, les animations. C’est un pays qui marque très fort les saisonnalités et l’automne promet un décor exceptionnel.

Alors si vous avez envie de nous suivre, on vous embarque durant ces trois semaines dans nos bagages! Bises

Côte Caraïbe

Pour terminer en douceur, nous nous dirigeons vers la côte caraïbe. Celle-ci étant très étendue, nous choisissons comme point de chute Santiago de Tolú, à trois heures de route au sud de Carthagène. Le village en soi n’a pas grand intérêt, mais peu importe : notre but est le farniente total. Nous avons loué une superbe maison sur la plage et nous profitons de la mer durant quelques jours. Au programme, c’est simple : attrapage de noix de coco, chasse aux crabes et sauts dans les vagues.

Nous faisons le plein de soleil car en France visiblement c’est le froid qui nous attend! Du coup nous sommes restés en maillot et dans l’eau. Une mer à 30° en hiver ça ne se refuse pas.

Dernier point de chute : Cartagena de Indias. Un nom qui fait rêver, non? Mais ne vous méprenez pas : comme partout, il y a la face de la carte postale mais aussi le revers. Le quartier du centre historique (à l’intérieur des fortifications) et celui de Getsemaní (plutôt street art) sont magnifiques, mais autour, c’est le chaos et la pauvreté : des constructions aléatoires, des poubelles partout, des rues en terre, l’anarchie sur la route. Allez, revenons à nos moutons : un petit point historique s’impose.

La ville a été bâti sur le site d’un village indigène appelé Calamarí par les espagnols en 1533. La ville devient rapidement une plaque tournante pour l’exportation de pierres précieuses et la traite des esclaves ramenés d’Afrique. Quelques chiffres qui font froid dans le dos : La traite des esclaves a duré 315 ans où lors de 20 528 voyages entre l’Afrique et les Amériques plus de 12 500 000 de personnes furent réduits à l’esclavage et dispachés partout. Pour se défendre des attaques de pirates et d’autres puissances européennes, les Espagnols construisent une muraille massive entre le XVIe et le XVIIe siècle. Cela n’empêcha pas quelques attaques de pirates, un pillage de la ville par les français en 1697 et surtout le grand siège de 1741 où les anglais supérieurs numériquement furent tout de même repoussés. Carthagène proclame son indépendance de l’Espagne le 11 novembre 1811, devenant l’État libre de Carthagène, mais sera reconquise temporairement par les Espagnols avant leur départ définitif en 1821. 

L’architecture coloniale et la culture afro- caribéenne sont bien conservées, donnant à la ville une dimension très colorée et festive. Par conséquent, c’est la ville la plus touristique de Colombie! Jusqu’alors nous avions l’impression d’être presque les seuls touristes dans le pays, mais en fait, ils étaient tous là. Il y autant de tourisme colombien qu’étranger mais ça reste peu. La Colombie accueille 7 millions de touristes étrangers/an, la France 100 millions pour un pays deux fois plus petits. Ainsi vous avez l’échelle.

Comme partout le meilleur moyen de découvrir la ville est de flâner, et donc de beaucoup marcher, nous avons tout de même visité le musée de l’inquisition (et ses réjouissances) dans un superbe palais, le musée naval des caraïbes (très ludique ), touché les fesses de la « Gorda Gertrudis » pour nous porter chance, découvert les échoppes de la Boveda (ancien entrepôt et prison militaire du 18 ème), parcouru le castillo San Felipe (un vrai labyrinthe).

Il est temps de se quitter ici, notre voyage se termine. J’espère que vous avez pris du plaisir à nous suivre, j’en ai eu en vous partageant notre périple. Nous espérons maintenant que le retour se passe sans encombres car nous survolons la zone caraïbe et vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a quelques tensions entre les USA, le Vénézuéla et la Colombie en ce moment. De plus la neige s’étant invitée en Europe, pas mal de compagnies annulent les vols. Nous serons fixés sur notre sort demain. Bises.

Mompox

Aller à Santa Cruz de Mompox se mérite, c’est au beau milieu-nord de la Colombie, nous avons fait 5h30 (pour 286 Km! soit une moyenne de 50 km/h ça vous donne le tempo) de route depuis Carthagène pour rejoindre ce village. Et la route est infernale, il n’y a aucune règle. Nous avons roulé sur pas mal de routes dans le monde et sur plusieurs continents, je peux vous dire que nous n’avions jamais vu ça auparavant. Nous avons serré fesses et abdos durant tout le trajet, vu des situations rocambolesques, évité des accidents. C’est en sueur, épuisés et sous 40 degrés que nous arrivons enfin à Mompox. Ici pas ou peu de touristes (trop loin de tout), et pourtant c’est un village colonial classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Les maisons sont superbes et il y règne une douce ambiance au rythme du Rio Magdalena. Il y a toujours une musique de fond, des ventilateurs de plafond qui tournent et la vie au ralenti. Vraiment au ralenti. Tout semble figé dans le temps. Un village qui se réveille doucement, très doucement. Ce n’est pas par hasard qu’on appelle Mompox « la belle endormie ».

Il y a peu de choses à faire ici, si ce n’est de flâner le matin et le soir dans les rues, s’attarder sur une terrasse. Nous avions quand même choisi un bel hôtel avec piscine pour le milieu de la journée, manque de bol la piscine n’est chimiquement pas baignable (c’est souvent le cas en Colombie). Et ils ne sont pas très réactifs pour régler les problèmes du coup on la regarde (une torture)! Cela soulève un gros point négatif, sur les logements, que nous avons découvert tout au long de notre voyage : il y a un monde entre les photos et équipements présentés sur booking (ou autre) et la réalité (les photos ne sont pas contractuelles du tout). Par contre on paye le prix fort quand même. C’est dommage car les quelques hôtels du village sont dans des maisons de famille coloniales absolument sublimes mais malheureusement peu entretenues, laissées entre les mains du temps qui passe.

J’ai beaucoup aimé cette pause à Mompox. Mais il est temps de reprendre la route ( 4h j’ai peur!) pour rejoindre la côte caraïbe où nous allons fêter la nouvelle année. Je vous dis à très vite.

Villa de Leyva, Ráquira et Zipaquirá

Rejoindre cette nouvelle destination nous a pris une journée. Depuis Chunaki nous avons navigué pendant 1h puis volé depuis Leticia pour rejoindre Bogota (2h de vol), de là nous avons loué une voiture et après 4h de trajet assez éprouvant nous sommes arrivés à Villa de Leyva en soirée. Quel émerveillement! Le village a revêtu ses habits de lumière pour les fêtes de Noël, c’est magique.

Villa de Leyva est dans le département du Boyacá, le village est classé parmi les plus beaux de Colombie et le titre n’est pas volé. Le clou du spectacle étant la Plaza Mayor, ce petit village possède la place la plus grande de Colombie pavée avec des grosses pierres lisses. Lieu de flânerie, de rencontre, d’animation et surtout de balade avec son chien! Oui ici pas une famille ne sort sans son chien. C’est un décor très photogénique. Imaginez un village blanc enduit de chaux, des toits rouges et autour comme une ceinture, les montagnes verdoyantes. Nous n’avons rien prévu de spécial ici, si ce n’est de prendre le temps d’arpenter les ruelles et les boutiques d’artisans. Il émane de cet endroit une ambiance apaisante.

Les maisons du centre sont pleines de surprises, passé la petite porte, se cachent derrière: des patios, des jardins et des détails de constructions magnifiques.

Nous avons eu un coup de cœur à l’unanimité pour Villa de Leyva!

Après Villa de Leyva, sur notre parcours initial, nous devions continuer vers le Nord et rejoindre la côte caraïbe en voiture via Barichara et Mompox. Mais la veille de notre départ en Colombie, nous avons changé notre fusil d’épaule pour des raisons de sécurité intérieure, et avons opté pour redescendre par Ráquira et Zipaquirá afin de rejoindre Bogotá et rallier par avion la côte caraïbe.

Nous avons bien fait car une des villes où nous devions faire une étape dodo ( Aguachica) a été prise pour cible lors d’une attaque de drones la semaine dernière : bilan 9 morts et 30 blessés. Cette même journée il y a eu 90 attaques simultanées dans 13 départements.

Raquirá est un charmant petit village spécialisé dans la poterie (leur spécialité est un cochon tirelire de toutes les tailles). Il y a des fabriques un peu partout, et le centre ville est très coloré avec des fresques sur les façades. C’est juste une petite étape dodo mais nous avons quand même voulu visiter un atelier et pratiquer! C’était chez Arthome que nous nous sommes arrêtés, une famille qui possède cette atelier depuis 3 générations. Nous avons passé un bon moment notamment avec Don Antonio au tour.

Zipaquirá, deuxième étape dodo sur la route retour vers Bogotá. Nous nous sommes arrêtés ici car il y a une Cathédrale de sel reconnue comme étant le 1er joyau de Colombie. Oui vous m’avez bien lu. Partant de ce postulat, nous ne pouvions pas passer à côté de ce joyau n’est ce pas? Vous me voyez venir sans suspense… Si nous aurions pu passer à coté! La visite pour les étrangers est extrêmement chère ( l’équivalent de 100 euros pour 4, en Colombie c’est excessif quand on pense qu’à Bogotá le musée Botero était gratuit! ) et au final ce n’est vraiment pas dingue. Ceci dit Zipaquirá était à l’époque pré-colombienne la ville la plus importante de Colombie grâce à cette mine de sel, mais aujourd’hui malheureusement avec l’urbanisme galopant ce n’est pas très joli. Nous reprenons maintenant la route vers Bogotá pour un vol intérieur direction Carthagène et poursuivre notre road trip au Nord. Nous sommes à mi parcours. A bientôt!

Le mot de Charlie : Villa de Leyva es un peublo encantador.Para mi el más increíble es la Plaza Mayor. A mi me gusta caminar y descansarme. Ahora vamos al Norte del país.

Amazonie

Après deux heures de petit avion depuis Bogotá (avion car c’est le seul moyen pour rejoindre notre destination), nous atterrissons à Leticia, la « ville » la plus au sud de la Colombie à la frontière du Brésil et du Pérou. La porte s’ouvre, nous savons immédiatement que nous sommes au bout du monde : nous sommes le seul avion de l’aéroport, il fait un ressenti de plus de 30 degrés avec un taux d’humidité de presque 100 %. Tout ce que nous portons sur nous colle directement au corps et on a l’impression de rentrer dans un hammam. Moi j’adore! L’aventure commence quand Martin (se prononce Martine) nous fait grimper dans son bateau et là nous nous retrouvons tous les quatre à naviguer sur le fleuve Amazone. Il n’y a qu’une « route » en Amazonie c’est le fleuve. On peine à y croire. Il est comme on l’imagine, comme on le voit dans les films d’aventure: orange et bordé par la jungle. D’un coté le Pérou de l’autre la Colombie. Nous sommes là. Nous sommes béats. Une heure de bateau plus tard nous arrivons à Chunaki, un petit domaine que Martine a construit avec sa femme Gabriela. Un paradis, mais vous l’avez deviné un paradis authentique et rudimentaire. Nous sommes en plein milieu de la jungle et il y a le strict minimum. Des cabanes faites de bois et de moustiquaires (mais d’une beauté!), des petits pontons pour les rejoindre, l’eau de l’Amazone pour la douche (elle est pompée directement du fleuve et arrive dans les pommeau!), le lavage de dent à la bouteille, pas d’électricité en permanence et jamais après 22h. Et vous devinerez jamais comment on a trouvé cet endroit. Et bien simplement en allant sur google maps et en remontant petit à petit l’amazone pour voir le point Chunaki apparaitre. A l’ancienne.

La nuit arrivant l’Amazonie change de visage, tout grouille. Le bruit de la jungle est assourdissant et tout semble vouloir ta peau : les insectes, les plantes…tout. En plus le climat aidant, chaque bestiole est démesurée, limite préhistorique. Nous allons nous coucher, après une première randonnée nocturne avec le guide, assez crispés. Nous avons vu des insectes bizarres et juste une moustiquaire nous sépare de cette jungle.

Nous restons quelques jours ici avec un programme assez génial puisque nous allons vivre au rythme du fleuve et des différentes communautés qui y habitent. Nous nous rendons vite compte qu’ici il n’y a pas de colombiens, brésiliens ou péruviens mais bel et bien des peuples d’Amazonie. Nous commençons par aller au Pérou dans la communauté de la Reubicacion San Antonio afin d’essayer de débusquer des paresseux. Ils sont en hauteur car c’est leur seul moyen de protection. Ils descendent une fois par semaine des cimes pour faire leurs besoins et remontent.

Nous traversons à nouveau le fleuve pour un retour coté colombien afin de déjeuner à Puerto Nariño. C’est un joli village et ça nous parait dingue d’avoir un peu de confort et de civilisation. On se réjouit du moment ( on a même mangé une glace!) avant de rejoindre une lagune formée par le fleuve et y trouver des dauphins roses et des dauphins gris! On en a bien profité avec les yeux mais pas facile de les prendre en photo.

Nouvelle journée, nouvelle expérience. Aujourd’hui nous allons dans la communauté Mocagua qui regroupe 5 ethnies. Cette communauté depuis toujours vivait de la pêche et de la chasse au jaguar pour la peau… Mais ils ont changé de stratégie de survie à la fin des années 1980. Aujourd’hui ils vivent toujours de la pêche, de la sauvegarde animale, mais aussi du tourisme, un tourisme éco responsable car bien entendu il n’y a pas beaucoup de touristes qui viennent jusque ici, et ils ne le souhaitent pas. Ils replantent des arbres et sauvegardent les animaux notamment les singes, ils protègent leur mode de vie ainsi. C’est un cercle vertueux. Ils ont créé un petit musée ethnographique, proposent une balade dans la jungle pour observer les différents singes. La nature est leur ressource pour continuer de vivre comme ils le font.

Dans les communautés indigènes d’Amazonie, il y a une tradition qui rythme leur calendrier : la Pelazón. Aux premières règles d’une fille, on enferme celle ci une année durant dans une pièce d’environ 20 m2 sans jamais sortir. Les grands mères du village lui apprennent pendant cette période tout ce que doit savoir une femme et lui apporte à manger. La jeune n’a pas de contact avec le monde extérieur. Pendant ce temps le père fait le tour des autres familles (mais tout est tellement éloigné que ça prend des mois) pour en informer les autres tribus. Au bout d’un an, la jeune fille peut sortir mais les grands mères vont pendant une journée et une nuit lui arracher les cheveux un par un! Oui oui! (d’où le nom la pelazón car cheveu = pelo). Elles l’amènent ensuite dans le fleuve pour la laver, la décorer et l’habiller et s’ensuit une fête de trois jours pour la marier. Je ne vous dis pas la tête de Charlie qui a l’âge en question, et qui se rend compte que l’adolescence n’a pas la même signification partout. De nos jours le guide nous a informé que l’enfermement ne durait plus que 3 mois et que les grands mères coupaient une mèche de cheveux pour éviter les souffrances passées de l’arrachage de cheveux. Y’a du mieux mais décidément il fait pas bon non plus ici d’être une fille.

Le quatrième jour se lève et nous allons chez les Macedonia. Une randonnée dans la jungle nous attend avec un petit cours sur les plantes médicinales et nous sommes ensuite accueillis par les femmes du village pour une danse traditionnelle. Elles sont superbes.

La journée se poursuit par un moment hors du temps. Un souvenir qui restera gravé dans ma mémoire. Nous accostons sur une berge péruvienne et un père et son fils apparaissent de nulle part au bout d’un certain temps avec 4 bâtons ( qui sont des cannes à pêche), une machette et 2 pagaies. Nous allons pêcher le piranha en canoë. Nous cheminons par des mangroves incroyables entrecoupées de lagune calmes. Un paysage de rêve, il n’y a que nous. Quelle chance de vivre des moments pareils. Alors la pêche est difficile car le piranha est malin, il mange l’appât petit à petit autour et non d’un coup. La technique est simple il faut d’abord agiter l’eau avec le bâton pour faire croire qu’une proie potentielle est tombée à l’eau puis on lance l’hameçon et il faut être attentif car ça tire très vite mais on a affaire à un prédateur… Charlie à réussi à sortir 2 beaux spécimens et Basile un mais ils ont lâché l’hameçon avant d’arriver au bateau . Le petit péruvien en a pêché un, que nous avons pu observer. C’est moche et impressionnant, en fait toute leur mâchoire sort de leur corps. Nous rentrons à la nuit tombée, et un ciel magnifique escorte notre dernier trajet vers Chunaki. Nous puons, nous collons, nous sommes éreintés et piqués partout mais l’Amazonie nous a touché au coeur. Nous partons demain pour une autre étape. Cette fois ci au centre du pays dans les montagnes.

Le mot de Charlie : A mi me gusta las Amazonas. Hemos visto peresosos, monos, delfines, piranas y una selva muy grande. Me encantó este experiencia! Está increíble!