Côte Caraïbe

Pour terminer en douceur, nous nous dirigeons vers la côte caraïbe. Celle-ci étant très étendue, nous choisissons comme point de chute Santiago de Tolú, à trois heures de route au sud de Carthagène. Le village en soi n’a pas grand intérêt, mais peu importe : notre but est le farniente total. Nous avons loué une superbe maison sur la plage et nous profitons de la mer durant quelques jours. Au programme, c’est simple : attrapage de noix de coco, chasse aux crabes et sauts dans les vagues.

Nous faisons le plein de soleil car en France visiblement c’est le froid qui nous attend! Du coup nous sommes restés en maillot et dans l’eau. Une mer à 30° en hiver ça ne se refuse pas.

Dernier point de chute : Cartagena de Indias. Un nom qui fait rêver, non? Mais ne vous méprenez pas : comme partout, il y a la face de la carte postale mais aussi le revers. Le quartier du centre historique (à l’intérieur des fortifications) et celui de Getsemaní (plutôt street art) sont magnifiques, mais autour, c’est le chaos et la pauvreté : des constructions aléatoires, des poubelles partout, des rues en terre, l’anarchie sur la route. Allez, revenons à nos moutons : un petit point historique s’impose.

La ville a été bâti sur le site d’un village indigène appelé Calamarí par les espagnols en 1533. La ville devient rapidement une plaque tournante pour l’exportation de pierres précieuses et la traite des esclaves ramenés d’Afrique. Quelques chiffres qui font froid dans le dos : La traite des esclaves a duré 315 ans où lors de 20 528 voyages entre l’Afrique et les Amériques plus de 12 500 000 de personnes furent réduits à l’esclavage et dispachés partout. Pour se défendre des attaques de pirates et d’autres puissances européennes, les Espagnols construisent une muraille massive entre le XVIe et le XVIIe siècle. Cela n’empêcha pas quelques attaques de pirates, un pillage de la ville par les français en 1697 et surtout le grand siège de 1741 où les anglais supérieurs numériquement furent tout de même repoussés. Carthagène proclame son indépendance de l’Espagne le 11 novembre 1811, devenant l’État libre de Carthagène, mais sera reconquise temporairement par les Espagnols avant leur départ définitif en 1821. 

L’architecture coloniale et la culture afro- caribéenne sont bien conservées, donnant à la ville une dimension très colorée et festive. Par conséquent, c’est la ville la plus touristique de Colombie! Jusqu’alors nous avions l’impression d’être presque les seuls touristes dans le pays, mais en fait, ils étaient tous là. Il y autant de tourisme colombien qu’étranger mais ça reste peu. La Colombie accueille 7 millions de touristes étrangers/an, la France 100 millions pour un pays deux fois plus petits. Ainsi vous avez l’échelle.

Comme partout le meilleur moyen de découvrir la ville est de flâner, et donc de beaucoup marcher, nous avons tout de même visité le musée de l’inquisition (et ses réjouissances) dans un superbe palais, le musée naval des caraïbes (très ludique ), touché les fesses de la « Gorda Gertrudis » pour nous porter chance, découvert les échoppes de la Boveda (ancien entrepôt et prison militaire du 18 ème), parcouru le castillo San Felipe (un vrai labyrinthe).

Il est temps de se quitter ici, notre voyage se termine. J’espère que vous avez pris du plaisir à nous suivre, j’en ai eu en vous partageant notre périple. Nous espérons maintenant que le retour se passe sans encombres car nous survolons la zone caraïbe et vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a quelques tensions entre les USA, le Vénézuéla et la Colombie en ce moment. De plus la neige s’étant invitée en Europe, pas mal de compagnies annulent les vols. Nous serons fixés sur notre sort demain. Bises.

Mompox

Aller à Santa Cruz de Mompox se mérite, c’est au beau milieu-nord de la Colombie, nous avons fait 5h30 (pour 286 Km! soit une moyenne de 50 km/h ça vous donne le tempo) de route depuis Carthagène pour rejoindre ce village. Et la route est infernale, il n’y a aucune règle. Nous avons roulé sur pas mal de routes dans le monde et sur plusieurs continents, je peux vous dire que nous n’avions jamais vu ça auparavant. Nous avons serré fesses et abdos durant tout le trajet, vu des situations rocambolesques, évité des accidents. C’est en sueur, épuisés et sous 40 degrés que nous arrivons enfin à Mompox. Ici pas ou peu de touristes (trop loin de tout), et pourtant c’est un village colonial classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Les maisons sont superbes et il y règne une douce ambiance au rythme du Rio Magdalena. Il y a toujours une musique de fond, des ventilateurs de plafond qui tournent et la vie au ralenti. Vraiment au ralenti. Tout semble figé dans le temps. Un village qui se réveille doucement, très doucement. Ce n’est pas par hasard qu’on appelle Mompox « la belle endormie ».

Il y a peu de choses à faire ici, si ce n’est de flâner le matin et le soir dans les rues, s’attarder sur une terrasse. Nous avions quand même choisi un bel hôtel avec piscine pour le milieu de la journée, manque de bol la piscine n’est chimiquement pas baignable (c’est souvent le cas en Colombie). Et ils ne sont pas très réactifs pour régler les problèmes du coup on la regarde (une torture)! Cela soulève un gros point négatif, sur les logements, que nous avons découvert tout au long de notre voyage : il y a un monde entre les photos et équipements présentés sur booking (ou autre) et la réalité (les photos ne sont pas contractuelles du tout). Par contre on paye le prix fort quand même. C’est dommage car les quelques hôtels du village sont dans des maisons de famille coloniales absolument sublimes mais malheureusement peu entretenues, laissées entre les mains du temps qui passe.

J’ai beaucoup aimé cette pause à Mompox. Mais il est temps de reprendre la route ( 4h j’ai peur!) pour rejoindre la côte caraïbe où nous allons fêter la nouvelle année. Je vous dis à très vite.

Villa de Leyva, Ráquira et Zipaquirá

Rejoindre cette nouvelle destination nous a pris une journée. Depuis Chunaki nous avons navigué pendant 1h puis volé depuis Leticia pour rejoindre Bogota (2h de vol), de là nous avons loué une voiture et après 4h de trajet assez éprouvant nous sommes arrivés à Villa de Leyva en soirée. Quel émerveillement! Le village a revêtu ses habits de lumière pour les fêtes de Noël, c’est magique.

Villa de Leyva est dans le département du Boyacá, le village est classé parmi les plus beaux de Colombie et le titre n’est pas volé. Le clou du spectacle étant la Plaza Mayor, ce petit village possède la place la plus grande de Colombie pavée avec des grosses pierres lisses. Lieu de flânerie, de rencontre, d’animation et surtout de balade avec son chien! Oui ici pas une famille ne sort sans son chien. C’est un décor très photogénique. Imaginez un village blanc enduit de chaux, des toits rouges et autour comme une ceinture, les montagnes verdoyantes. Nous n’avons rien prévu de spécial ici, si ce n’est de prendre le temps d’arpenter les ruelles et les boutiques d’artisans. Il émane de cet endroit une ambiance apaisante.

Les maisons du centre sont pleines de surprises, passé la petite porte, se cachent derrière: des patios, des jardins et des détails de constructions magnifiques.

Nous avons eu un coup de cœur à l’unanimité pour Villa de Leyva!

Après Villa de Leyva, sur notre parcours initial, nous devions continuer vers le Nord et rejoindre la côte caraïbe en voiture via Barichara et Mompox. Mais la veille de notre départ en Colombie, nous avons changé notre fusil d’épaule pour des raisons de sécurité intérieure, et avons opté pour redescendre par Ráquira et Zipaquirá afin de rejoindre Bogotá et rallier par avion la côte caraïbe.

Nous avons bien fait car une des villes où nous devions faire une étape dodo ( Aguachica) a été prise pour cible lors d’une attaque de drones la semaine dernière : bilan 9 morts et 30 blessés. Cette même journée il y a eu 90 attaques simultanées dans 13 départements.

Raquirá est un charmant petit village spécialisé dans la poterie (leur spécialité est un cochon tirelire de toutes les tailles). Il y a des fabriques un peu partout, et le centre ville est très coloré avec des fresques sur les façades. C’est juste une petite étape dodo mais nous avons quand même voulu visiter un atelier et pratiquer! C’était chez Arthome que nous nous sommes arrêtés, une famille qui possède cette atelier depuis 3 générations. Nous avons passé un bon moment notamment avec Don Antonio au tour.

Zipaquirá, deuxième étape dodo sur la route retour vers Bogotá. Nous nous sommes arrêtés ici car il y a une Cathédrale de sel reconnue comme étant le 1er joyau de Colombie. Oui vous m’avez bien lu. Partant de ce postulat, nous ne pouvions pas passer à côté de ce joyau n’est ce pas? Vous me voyez venir sans suspense… Si nous aurions pu passer à coté! La visite pour les étrangers est extrêmement chère ( l’équivalent de 100 euros pour 4, en Colombie c’est excessif quand on pense qu’à Bogotá le musée Botero était gratuit! ) et au final ce n’est vraiment pas dingue. Ceci dit Zipaquirá était à l’époque pré-colombienne la ville la plus importante de Colombie grâce à cette mine de sel, mais aujourd’hui malheureusement avec l’urbanisme galopant ce n’est pas très joli. Nous reprenons maintenant la route vers Bogotá pour un vol intérieur direction Carthagène et poursuivre notre road trip au Nord. Nous sommes à mi parcours. A bientôt!

Le mot de Charlie : Villa de Leyva es un peublo encantador.Para mi el más increíble es la Plaza Mayor. A mi me gusta caminar y descansarme. Ahora vamos al Norte del país.

Amazonie

Après deux heures de petit avion depuis Bogotá (avion car c’est le seul moyen pour rejoindre notre destination), nous atterrissons à Leticia, la « ville » la plus au sud de la Colombie à la frontière du Brésil et du Pérou. La porte s’ouvre, nous savons immédiatement que nous sommes au bout du monde : nous sommes le seul avion de l’aéroport, il fait un ressenti de plus de 30 degrés avec un taux d’humidité de presque 100 %. Tout ce que nous portons sur nous colle directement au corps et on a l’impression de rentrer dans un hammam. Moi j’adore! L’aventure commence quand Martin (se prononce Martine) nous fait grimper dans son bateau et là nous nous retrouvons tous les quatre à naviguer sur le fleuve Amazone. Il n’y a qu’une « route » en Amazonie c’est le fleuve. On peine à y croire. Il est comme on l’imagine, comme on le voit dans les films d’aventure: orange et bordé par la jungle. D’un coté le Pérou de l’autre la Colombie. Nous sommes là. Nous sommes béats. Une heure de bateau plus tard nous arrivons à Chunaki, un petit domaine que Martine a construit avec sa femme Gabriela. Un paradis, mais vous l’avez deviné un paradis authentique et rudimentaire. Nous sommes en plein milieu de la jungle et il y a le strict minimum. Des cabanes faites de bois et de moustiquaires (mais d’une beauté!), des petits pontons pour les rejoindre, l’eau de l’Amazone pour la douche (elle est pompée directement du fleuve et arrive dans les pommeau!), le lavage de dent à la bouteille, pas d’électricité en permanence et jamais après 22h. Et vous devinerez jamais comment on a trouvé cet endroit. Et bien simplement en allant sur google maps et en remontant petit à petit l’amazone pour voir le point Chunaki apparaitre. A l’ancienne.

La nuit arrivant l’Amazonie change de visage, tout grouille. Le bruit de la jungle est assourdissant et tout semble vouloir ta peau : les insectes, les plantes…tout. En plus le climat aidant, chaque bestiole est démesurée, limite préhistorique. Nous allons nous coucher, après une première randonnée nocturne avec le guide, assez crispés. Nous avons vu des insectes bizarres et juste une moustiquaire nous sépare de cette jungle.

Nous restons quelques jours ici avec un programme assez génial puisque nous allons vivre au rythme du fleuve et des différentes communautés qui y habitent. Nous nous rendons vite compte qu’ici il n’y a pas de colombiens, brésiliens ou péruviens mais bel et bien des peuples d’Amazonie. Nous commençons par aller au Pérou dans la communauté de la Reubicacion San Antonio afin d’essayer de débusquer des paresseux. Ils sont en hauteur car c’est leur seul moyen de protection. Ils descendent une fois par semaine des cimes pour faire leurs besoins et remontent.

Nous traversons à nouveau le fleuve pour un retour coté colombien afin de déjeuner à Puerto Nariño. C’est un joli village et ça nous parait dingue d’avoir un peu de confort et de civilisation. On se réjouit du moment ( on a même mangé une glace!) avant de rejoindre une lagune formée par le fleuve et y trouver des dauphins roses et des dauphins gris! On en a bien profité avec les yeux mais pas facile de les prendre en photo.

Nouvelle journée, nouvelle expérience. Aujourd’hui nous allons dans la communauté Mocagua qui regroupe 5 ethnies. Cette communauté depuis toujours vivait de la pêche et de la chasse au jaguar pour la peau… Mais ils ont changé de stratégie de survie à la fin des années 1980. Aujourd’hui ils vivent toujours de la pêche, de la sauvegarde animale, mais aussi du tourisme, un tourisme éco responsable car bien entendu il n’y a pas beaucoup de touristes qui viennent jusque ici, et ils ne le souhaitent pas. Ils replantent des arbres et sauvegardent les animaux notamment les singes, ils protègent leur mode de vie ainsi. C’est un cercle vertueux. Ils ont créé un petit musée ethnographique, proposent une balade dans la jungle pour observer les différents singes. La nature est leur ressource pour continuer de vivre comme ils le font.

Dans les communautés indigènes d’Amazonie, il y a une tradition qui rythme leur calendrier : la Pelazón. Aux premières règles d’une fille, on enferme celle ci une année durant dans une pièce d’environ 20 m2 sans jamais sortir. Les grands mères du village lui apprennent pendant cette période tout ce que doit savoir une femme et lui apporte à manger. La jeune n’a pas de contact avec le monde extérieur. Pendant ce temps le père fait le tour des autres familles (mais tout est tellement éloigné que ça prend des mois) pour en informer les autres tribus. Au bout d’un an, la jeune fille peut sortir mais les grands mères vont pendant une journée et une nuit lui arracher les cheveux un par un! Oui oui! (d’où le nom la pelazón car cheveu = pelo). Elles l’amènent ensuite dans le fleuve pour la laver, la décorer et l’habiller et s’ensuit une fête de trois jours pour la marier. Je ne vous dis pas la tête de Charlie qui a l’âge en question, et qui se rend compte que l’adolescence n’a pas la même signification partout. De nos jours le guide nous a informé que l’enfermement ne durait plus que 3 mois et que les grands mères coupaient une mèche de cheveux pour éviter les souffrances passées de l’arrachage de cheveux. Y’a du mieux mais décidément il fait pas bon non plus ici d’être une fille.

Le quatrième jour se lève et nous allons chez les Macedonia. Une randonnée dans la jungle nous attend avec un petit cours sur les plantes médicinales et nous sommes ensuite accueillis par les femmes du village pour une danse traditionnelle. Elles sont superbes.

La journée se poursuit par un moment hors du temps. Un souvenir qui restera gravé dans ma mémoire. Nous accostons sur une berge péruvienne et un père et son fils apparaissent de nulle part au bout d’un certain temps avec 4 bâtons ( qui sont des cannes à pêche), une machette et 2 pagaies. Nous allons pêcher le piranha en canoë. Nous cheminons par des mangroves incroyables entrecoupées de lagune calmes. Un paysage de rêve, il n’y a que nous. Quelle chance de vivre des moments pareils. Alors la pêche est difficile car le piranha est malin, il mange l’appât petit à petit autour et non d’un coup. La technique est simple il faut d’abord agiter l’eau avec le bâton pour faire croire qu’une proie potentielle est tombée à l’eau puis on lance l’hameçon et il faut être attentif car ça tire très vite mais on a affaire à un prédateur… Charlie à réussi à sortir 2 beaux spécimens et Basile un mais ils ont lâché l’hameçon avant d’arriver au bateau . Le petit péruvien en a pêché un, que nous avons pu observer. C’est moche et impressionnant, en fait toute leur mâchoire sort de leur corps. Nous rentrons à la nuit tombée, et un ciel magnifique escorte notre dernier trajet vers Chunaki. Nous puons, nous collons, nous sommes éreintés et piqués partout mais l’Amazonie nous a touché au coeur. Nous partons demain pour une autre étape. Cette fois ci au centre du pays dans les montagnes.

Le mot de Charlie : A mi me gusta las Amazonas. Hemos visto peresosos, monos, delfines, piranas y una selva muy grande. Me encantó este experiencia! Está increíble!

Bogotá

Capitale de Colombie, presque 9 millions d’habitants et trônant à 2640 mètres d’altitude. Elle est à la troisième place des villes les plus hautes du monde derrière la Paz et Quito, et ça se ressent. Enfin je parle pour moi, qui ai un peu souffert du mal des hauteurs: mal de tête et souffle court. Voilà pour la carte d’identité, pour le reste c’est un ressenti. Comme toutes les grandes villes c’est l’effervescence, et un sacré mélange d’architecture pas toujours réussi. Des grands immeubles en béton 1950-70 toisent des maisons coloniales colorées, les rues pavés croisent les grandes avenues de bitumes et les fresques monumentales qui ornent les façades de la Candeleria (quartier du centre historique) réhaussent le ton d’une ville plutôt grisâtre.

Le décalage horaire faisant son œuvre, nous sommes debout à 5h du matin le premier jour! Au programme aujourd’hui le Musée de l’or et un street food tour orchestré par Juliana. Nous voilà à l’ouverture dans les bâtiments de la banque de la république de Colombie qui héberge le musée. C’est probablement la seule fois de notre vie que nous verrons autant d’or! Le musée est l’un des plus prisé d’Amérique latine, je comprends pourquoi: il est riche dans tout les sens du terme. Nous y passons un bon moment puis nous devons rejoindre notre point de rendez vous, pour notre activité suivante : le street food tour! Il est midi, nous sommes affamés, ça tombe bien 12 dégustations nous attendent. Le street food tour est un rituel qu’on installe maintenant dans nos voyages, nous trouvons ludique de découvrir une culture et une ville à travers sa gastronomie.

Pour nous mettre dans le bain , on découvre la CHICHA, une boisson fraiche à base de maïs fermenté. C’est Teresa une mamie de 85 ans qui fabrique cette chicha depuis 50 ans dans cette même maison, mais elle a commencé à l’âge de 10 ans. Il y a son visage sur les bouteilles et sur sa façade, une institution vous dis je. Par contre je dois apporter un bémol, nous avons senti : ça sent les pieds! Nous avons gouté c’est pareil!

Nous poursuivons notre route gourmande à travers un marché pour goûter un AJIACO (soupe de poulet et pomme de terre, mon coup de coeur) et différents fruits, puis una LECHONA (porc effiloché, riz et maïs cuit dans une panse de porc au four pendant 14h, le coup de coeur de Charlie et Silvain), un BUÑUELO con avena (un beignet de fromage doux qu’on trempe dans du lait d’avoine sucré, coup de coeur de Basile), on entrecoupe nos dégustations de boissons différentes (et même de coca, la feuille colombienne pas l’américaine!) et nous finissons sur LA spécialité que les colombiens adorent et moi j’ai failli tourner de l’oeil : El CHOCOLATE CON QUESO. Il s’agit de couper des bouts de fromage (type cheddar doux) et de les mettre au fond d’une tasse, on verse le chocolat chaud dessus, on attend que ça fonde un peu et on mange. Visiblement ça plait beaucoup.

Nous avons bien bu, bien mangé, rigolé et affuté nos mollets car Bogota monte et descend beaucoup, je vous recommande cette expérience, on passe vraiment un bon moment. Pour finir Juliana nous a initié au jeu du TEJO. Le principe est simple, il faut lancer un palet en fer de 680 g depuis 20 mètres sur une planche où il y a des pétards déguisés en papillotes qui explosent quand le palet les écrase. Très drôle et pas facile. Un bon moment passé avec nos compagnons de route du moment deux canadiens anglophones et un américain.

Deuxième jour. Même topo, réveil à 5h, nous sommes les premiers dans la rue! Direction le musée Botero, mais sur la route dans notre quartier qui plus est , Charlie nous entraine dans le musée de Bogotá et… quelle bonne idée. Il est dans une bâtisse coloniale superbe et traite de l’évolution de la ville. C’était d’autant plus chouette que c’était pas prévu. On poursuit avec notre but de la matinée le musée Botero, hallucinant tout simplement! Ce musée est gratuit, et en plus de la collection Botero, il regorge de trésors: des Picasso, Monet, Degas, Delaunay et j’en passe. Botero traite beaucoup de sujet mais vu qu’il peint ces personnages ou natures mortes tout en rondeur je trouve que ça donne un coté enfantin voir naïf même aux thèmes les plus durs (la prostitution, les guerilleros…). Un régal.

Pour clore notre passage à Bogotá, nous avons fait une « attraction » autant prisée par les colombiens que les touristes, c’est à dire prendre le téléphérique pour monter jusqu’au Monserrate. Le but : découvrir un panorama unique de la ville. Mais il s’agit d’une ville de montagne, nuageuse et polluée, on ne voit donc pas grand chose et je pense que la vue dégagée doit être rarissime. On a donc vu ce qu’on a pu.

On quitte la capitale demain matin et sa jungle urbaine pour nous rendre dans un environnement complètement différent : la jungle amazonienne. A très vite…

Le mot de Charlie et en espagnol s’il vous plait!: Holà todos! A mi no me gusta mucho las grandes ciudades como Bogotá porque hay demasiado contaminación y gente. Estoy feliz de este viaje con mi familia pero no me enamoré de este primera etapa. Nos veremos a Leticia !

NB : Un topo sur le street art à Bogotá et son histoire compliqué. Le street art remonte aux années 1980 quand le président Betancur obtient un premier accord de paix avec les FARC et invite la population à peindre la paix sur les murs. Mais l’influence de la culture hip hop et la venue du tag sauvage plonge le graffiti dans la clandestinité. La guerre éclate alors entre les graffeurs et les forces de l’ordre jusqu’à cette date fatidique de 2011 où un jeune se fait tuer par un policier alors qu’il peint sur un mur. A partir de ce moment les jeunes peignent en journée et signent pour protester. Ils obtiennent un accord avec la mairie. Il faut attendre un second évènement pour que la colère éclate et que le graffiti prenne sa place. 2013, Justin Bieber (chanteur et graffeur à ses heures) escorté par la police demande à peindre un mur. Scandale dans toute la communauté street art de Bogotá et à juste titre! Si Justin peut peindre, alors les artistes peuvent peindre sans se faire arrêter ou tuer. Depuis tout à changé… On peut dire que Justin Bieber et son ego ont sauvé le street art Colombien malgré eux !

Nouveau continent

Nous avons découvert en 2018 et 2020 le Mexique et plus précisément la région du Yucatan, donc plutôt l’Amérique centrale mais jamais nous n’avons mis les pieds en Amérique du Sud. D’où le choix cette année de la Colombie. Choix difficile parmi tout les pays car ce continent regorge de destinations qui font rêver, et qui promettent l’aventure et le dépaysement.

Le pays est grand on y rentre deux fois la France, et c’ est le quatrième pays d’Amérique latine pour sa superficie après le Brésil, l’Argentine et le Pérou. Donc comme d’habitude il a fallu faire des choix, même si nous partons pour 4 confortables semaines. Pour ce voyage les enfants ont 12 et 10 ans, ils vont donc encore plus participer et chacun s’attelera à un carnet de voyage personnel, sans compter que Charlie apprend depuis la sixième l’espagnol, elle pourra donc communiquer sans soucis.

Nous allons mixer comme nous aimons le faire : aventure, farniente, culture et road trip sans oublier la découverte de la gastronomie point crucial pour nous! Pour cela le voyage va se dérouler en 5 temps.

Le premier temps sera la découverte de Bogota et l’acclimatation à l’altitude. Puis direction la forêt amazonienne à l’extrême sud du pays pour une immersion totale. Retour à Bogota pour le début du road trip où nous traverserons en voiture le pays depuis Bogota jusqu’à la côte caraïbe en passant par les plus beaux villages de montagne (Villa de Leyva, Barichara, Mompox). Le troisième temps sera dédié au repos au bord de la mer des caraïbes dans la région de Tolu et nous finirons enfin par découvrir la belle Carthagène des Indes.

Notre objectif est comme d’habitude de nous imprégner d’une autre culture, de découvrir, de partager en famille ces moment uniques et d’en revenir grandi. On le sait les enfants grandissent et les occasions de partir longtemps avec eux se feront de plus en plus rares, études et examens obligent. C’est pour cela que ce voyage, avec cette nouvelle prise de conscience que nous n’avions pas avant le collège, est encore plus précieux.

Mémo de dernière minute : à deux jours du départ nous avons reçu une notification du gouvernement français car nous sommes inscrits sur le fil d’ariane. L’ELN (armée de libération nationale) principal groupe armé du pays déclare un confinement de la population jusqu’au 17 décembre et des actions armées dans les régions qu’ils contrôlent suite aux « menaces d’intervention de Trump ». Du coup nous avons remis en question notre itinéraire puisque notre road trip initial partait de Bogota jusqu’à la côte caraïbe et traversait une zone devenue dangereuse.

Du coup nous allons louer comme prévu une voiture pour aller jusqu’à Lleyva, puis nous redescendrons au lieu de remonter par Raquira et Zipaquira pour prendre un vol intérieur jusqu’à Cartagène. De là nous relouerons une voiture pour continuer notre périple. Nous allons éviter la portion de route entre Barichara et Mompox prévue au départ.

Hyvästi Lappi

Pour les deux derniers jours nous avons fait un saut à la station de Levi pour un petit retour à la civilisation afin de faire un peu de shopping et clairement ce n’était pas le clou du séjour. Ce voyage en Laponie m’a permis enfin de comprendre mon aversion pour les stations de ski. Je croyais ne pas aimer les sports d’hiver, la neige et le froid, mais en fait ce que je n’aime pas ce sont les stations, ces villes de montagne que je trouve toujours laides avec leur neige boueuse, les routes, les voitures, le monde partout, le bruit. On ramène dans les montagnes nos pollutions des villes et généralement on pratique la même activité toute la semaine: on monte et on descend des pentes. Voilà c’est la monotonie et la vie de station que je n’aime pas. Jusqu’à maintenant je n’arrivais pas à me l’expliquer. Le fait d’avoir vécu cette semaine dans la neige et le froid, dans un endroit isolé et de pratiquer d’autres sports et activités m’ont réconcilié avec l’hiver. Et ça ce n’est pas rien pour moi. Nous nous sommes rendus également dans une ferme de renne, alors l’activité en soi ne vaut pas vraiment le coup, mieux vaut arriver à voir des rennes en liberté, en baladant. Mais ce n’est pas simple car même si en Finlande il y a plus de rennes que d’humains, ce sont des animaux sauvages et plutôt craintifs. Ceci dit nous avons visité l’une des rares fermes encore existantes et non brulées par les allemands après la deuxième guerre mondiale, avec encore la déco et le mobilier d’origine.

Puis nous sommes allés faire un petit tour en Suède, bon en vrai il y avait juste un pont à traverser! Mais nous avons tout de même foulé de sol suédois, c’était insolite. Sur la photo dessous vous verrez la moitié du pont est finlandais, l’autre est suédois.

Voilà ce séjour en Laponie s’achève, il aura été génial pour plusieurs raisons: La première bien entendu est la dépaysement total et les activités proposées. La seconde est la météo idéale que nous avons eut toute la semaine: soleil, pas de tempête et des températures froides pour pouvoir faire tout ce que nous avons fait dans d’excellentes conditions. Nous avons aussi pu bénéficier de plusieurs soirées non nuageuses pour profiter et découvrir les aurores boréales. Pour finir nous sommes tombés dans un groupe super sympa, une bonne cohésion, de la rigolade, des enfants et des adultes qui se sont fait des copains, ce fut le gros bonus de ce voyage. Hip Hip Hip les Lutins!!! Lutin un jour Lutin toujours…

La grande expédition

Aujourd’hui départ de bon matin pour un expédition particulière : 40 kilomètres en motoneige avec des pauses extraordinaires. Nous avons traversé des forêts et des lacs gelés interminables, le ciel était bas et blanc, nous craignons la tempête mais nous avons été épargné. Le soleil est sorti lors de notre première pause à Torassiepi. C’était l’heure de déjeuner et le guide avait prévu soupe de cerf et jus de cranberries chaud dans un Tipi. Toujours le feu au milieu, nous voilà autour assis sur les peaux de rennes à savourer cette chaleur qui rentre dans nos corps. Pause salvatrice.

Nous voilà reparti pour quelques kilomètres jusqu’au chalet de Vuontis qui est situé au bord du lac Vuontisjärvi. Nous y resterons jusqu’au soir. Mais pour l’instant c’est café et thé dans la grande salle, histoire de se réchauffer avant notre superbe activité de l’après midi : la pêche au trou.

Equipés de foreuses à main géante, de petites cannes à pêche et d’asticots de synthèse (car les vrais une fois morts gèlent trop vite), nous marchons sur le lac, choisissons un endroit et c’est parti pour quelques minutes très physiques où il faut percer la glace. Résultat : un bon 80 centimètres de glace! Une fois le trou réussi, on se pose au bord avec la mini canne à pêche et tout est patience. Sans surprise nous sommes rentrés bredouilles.

Le soir venu, des petites lumières se sont allumées, rendant le lieu presque mystique puis nous nous sommes rendus au Kota à coté du chalet. Un foyer géant nous attendait avec en son centre de magnifiques saumons. Je peux vous dire que ce repas à la bougie fût gargantuesque. Cette façon de cuire le saumon est incroyable, ça va être difficile de retrouver le goût à la maison. Mais avant de déguster, nous avons eut la visite d’un chamane sami. Pour vous poser le décor, un géant avec un renard en guise de chapeau, des peaux de loups sur les épaules et une voix d’outre tombe, il nous a conté, son visage animé par les flammes, des histoires lointaines de géants fainéants et de naissance d’aurores boréales. C’était un retour en enfance comme quand on écoute les histoires du soir dans la chaleur d’un foyer. Un moment particulier, hors du temps, nous avons adoré, sursauté, rigolé. Puis après , est venu le temps d’enfourcher à nouveau nos motoneiges pour rentrer de nuit cette fois à l’hôtel (les enfants étaient dans un moto bus! ). Environ une heure de conduite de nuit, je me suis régalée, j’avais l’impression de faire partie d’une expédition d’aventuriers, quel sentiment de liberté! Et c’est ainsi que s’est déroulé cette journée particulière que nous chérirons longtemps, car elle sera pour nous synonyme d’aventure, de moments heureux, de paix et de liberté.

L’Expérience finlandaise

Plus les jours avancent et plus nous en apprenons sur les us et coutumes finlandaises. Les pays nordiques vivent avec les saisons et notamment avec l’hiver qui est la plus longue des saisons, sans pour autant subir. Tout ici est fait pour que la vie soit agréable, la nature est omniprésente, les feux de cheminées ou foyers constamment allumés, la culture finlandaise n’essaie même pas de lutter contre le froid, mais l’apprivoise, ici c’est un art de vivre. C’est une révélation pour moi car personnellement le froid est synonyme de cauchemar, mais ici avec la technique de l’oignon et la découverte de cette philosophie et bien j’arrive même à ne plus appréhender l’extérieur. Ce qui me paraissait hostile devient beau.

C’est donc avec plaisir que nous avons chaussé nos raquettes pour une randonnée dans les bois. La randonnée en raquette c’est vraiment sympa, d’abord parcequ’ on marche facilement dans la neige et que physiquement c’est très accessible. Il faut juste savoir marcher. Les paysages furent à la hauteur encore une fois d’une carte postale.

Qui dit pays nordique dit sauna, surtout en Finlande où la culture du sauna est indissociable de la vie de la majorité des Finlandais. On retrouve le sauna aussi bien au sein des foyers que des espaces publics, et cela va bien au-delà du seul fait de se laver. Le sauna nettoie le corps et l’âme, il permet d’expérimenter une sensation de paix intérieure. Ici on va au sauna presque de la naissance jusqu’à la mort. La tradition est transmise des parents aux enfants pendant la vie quotidienne et lors du sauna de Noël. Un enfant finlandais va apprendre les pratiques de bain de sauna traditionnel de la même façon qu’on leur apprend les bonnes manières. Cela fait du bain de sauna l’un des rituels partagés les plus importants que les familles finlandaises ont. Quand je vous parlais d’art de vivre c’est vraiment cela, ici les décisions importantes se prennent dans les saunas, on y va en famille ou entre amis et toute l’année. Nous avons un sauna classique à disposition à l’hôtel, mais en plus nous sommes allés expérimenter le Artic sauna. Là bas, il y a 4 saunas différents plus ou moins chaud, certains vitrés et implantés au milieu d’un décor féérique. Evidemment pour aller d’un sauna à l’autre on passe par des petits chemins de bois à l’extérieur. On va dans n’importe quel sauna et dans l’ordre que l’on veut, mais si l’on veut arriver à s’immerger dans les eaux du lac gelé et bien mieux vaut aller dans un sauna très très chaud et ne pas réfléchir. L’expérience est extrême. On passe de presque 100 degrés dans le sauna à une eau autour de 1 degré. Mais pour les finlandais c’est banal, ils font cela plusieurs fois par semaine. Des vikings vous dis je!

Après deux heures de chaud/froid, je peux vous dire que nous étions calmes ! Pour terminer cette magnifique journée, nous avons eut le droit à un festival d’aurores boréales, le ciel était fluorescent. Elles étaient bien plus intenses que le premier soir, c’est hypnotique à regarder. Ces formes ondulantes et changeantes m’ont fait penser au vol des étourneaux , vous voyez? Avec ce petit truc en plus de pouvoir voir quelque chose d’extra terrestre, d’extra ordinaire. D’ailleurs à part en Afrique nous n’avons jamais vu un ciel aussi étoilé, il n’y a pas de villes donc pas de lumières polluantes, on distingue parfaitement les constellations, auxquelles viennent se mêler ses serpentins magiques.

Imaginez… ou regardez plutôt.