« Une semaine pour visiter Séoul », cette phrase nous a fait rêver depuis la France et nous y sommes. Je vais couper mon récit en deux parties car nous sommes au soir du troisième jour et j’ai l’impression que nous avons vécu 3 vies déjà !
Jour 1 : Nous avons laissé les valises à l’hôtel sans nous poser, sinon nos corps maltraités par une nuit d’ avion ne se seraient jamais remis en mouvement. Nous avons filé découvrir le musée folklorique de Séoul avec joie car ce que je préfère en voyage c’est l’ethnographie, découvrir les modes de vies. Le musée comporte plusieurs parties, la première porte sur le lien entre les 4 saisons et la vie des Coréens; la seconde sur les étapes d’une vie, de la naissance à la mort, en Corée et la dernière fut une exposition temporaire sur les objets qui lient la Corée du Nord et la Corée du Sud. Il y aussi un chouette jardin avec reconstitution de maisons traditionnelles appelées Hanoks. Passionnant! Je trouve que c’est une introduction parfaite pour le voyage.





A la nuit tombée changement de programme radical, nous avons déambulé dans le quartier de Myeongdong, celui des enseignes ouvertes 24h/24h, des néons fous, de la musique à fond, des stands de nourriture de rue. Fini le calme, ici c’est le temple de la consommation et de l’enseigne qui brillera le plus. Une journée schizophrène en quelque sorte. Nous sommes passés de la quiétude d’un musée à la frénésie d’un quartier by night. Les « ados » vivent leur meilleure vie : de la street food et du shopping…






Jour 2 : J’ai commencé ma journée tôt , beaucoup trop tôt, il faut que je vous raconte. Il fait noir, tout le monde dort, j’ouvre un oeil et le réveil de l’hôtel à coté de moi affiche 7h26. Je me dis que je vais avancer la journée en allant me préparer, comme cela on gagnera du temps, d’autant que le réveil général était prévu à 8h00. Je me lève, je me douche et me prépare, puis me dirige vers la valise afin d’y prendre mes habits. Je remarque à la fenêtre qu’il fait quand même bien nuit dehors. Dans la chambre tout le monde roupille encore, et je trouve surprenant que pour une grande ville comme Séoul, il n’y ai pas âme qui vive à 7h50 en contrebas, dans la rue et que seuls les grands panneaux publicitaires s’animent. Je regarde alors l’écran du téléphone et je vois un beau « 3h50 » s’afficher, je vérifie sur le deuxième téléphone idem. Tout s’explique maintenant… Dépitée, je me recouche au milieu de la nuit, prête et pomponnée et écrase jusqu’à 9h00. Entre mon « sursaut nocturne » et le décalage horaire, la journée va être difficile.
Après un petit déjeuner rocambolesque dans une pâtisserie gérée par des tablettes, des serveurs plus influenceurs que serveurs et prise d’assaut par des coréens qui prennent absolument tout en photo, nous décidons de retrouver un peu d’authenticité en déambulant dans le Buckchon hanok village. C’était autrefois un village où résidaient les aristocrates de la dynastie Joseon. Certaines des maisons aux toits de tuiles appelées giwas sont préservées encore de nos jours. Situé entre le palais Gyeongbokgung, le palais Changdeokgung et le sanctuaire Jongmyo, le Village Hanok de Bukchon est vieux de 600 ans. Ce village devenu quartier préservé est encore aujourd’hui habité, ce qui signifie qu’il faut le visiter en chuchotant et dans des horaires bien définis. Il faut s’éloigner de la rue principale et donc de la horde de touriste silencieuse, pour avoir une vue sur ces toits magnifiques.

















Comme Séoul est une ville de contraste, nous nous sommes dis que nous allions marier ce même jour l’architecture traditionnelle avec le dynamisme de la jeunesse. Un mariage heureux puisqu’il représente bien le Séoul d’aujourd’hui. Direction le quartier Hongdae pour applaudir les danseurs k pop de rue et tester le barbecue coréen. Un bon programme de soirée. Le barbecue coréen est très convivial car c’est un foyer disposé au centre de chaque table, et ici il s’agit d’ un rituel social rythmé par le partage de viandes tendres, de marinades complexes et d’une multitude d’accompagnements.
Pour déguster votre barbecue à la coréenne, suivez la tradition du ssam (emballage) :
Prenez une feuille de salade fraîche dans la paume de votre main.
Déposez-y un morceau de viande bien chaud tout juste sorti du gril.
Ajoutez une touche de Ssamjang (une sauce épaisse et addictive à base de pâte de soja fermentée et de piment).
Complétez avec un morceau d’ail grillé ou du kimchi. Et on se régale!
On a fini cette belle soirée par se faire « tirer » le portrait par des dessinateurs minutes. On insère une grosse pièce en bois dans une caricature box , on s’assoit en face d’une dame, et cinq minutes plus tard un dessin unique sort par la fente! Génial.




Jour 3 : Au programme DMZ. oui oui c’est avec une grande curiosité que nous avons décidé de faire une excursion dans cette zone tampon entre la Corée du Sud et la Corée du Nord. On a vécu un périple incroyable et difficile à croire quand on est français et que l’on vit dans un pays en paix. Car oui la Corée du Sud et la Corée du Nord sont techniquement toujours en guerre malgré un armistice signé pour l’arrêt des combats, les deux pays n’ont pas signé la paix.
C’est une grosse journée centrée sur la guerre de Corée, où l’on visite deux musées, des mémoriaux, un pont suspendu, le troisième tunnel. Il faut savoir que 4 tunnels ont été trouvés par la Corée du Sud sur une vingtaine potentiellement creusés par la Corée du Nord (même si cette dernière dément, les traces de dynamitage observées sur les parois étaient orientées vers le sud, démontrant que les tirs provenaient du Nord.), Ils ont été creusés par la Corée du Nord pour permettre une infiltration surprise de troupes vers le Sud. Les estimations militaires évaluaient que chaque tunnel pouvait laisser passer entre 10 000 et 30 000 soldats par heure jusqu’à Séoul. Puis on a pu avoir un échange avec une transfuge, c’est à dire une personne qui a fuit la Corée du Nord pour rejoindre la Corée du Sud. Elle s’appelle Songmi Han, c’est une jeune femme de 32 ans maintenant qui a fuit à 17 ans après une enfance de misère. Les larmes dansent au bord des yeux au fur et à mesure qu’elle nous livre son récit.
Puis pour continuer les réjouissances, nous sommes montés à l’observatoire, où nous pu observer aux jumelles la Corée du Nord comme des espions. C’est excitant et flippant à la fois non? Mais le plus déroutant c’est de manger un sandwich avec vue Corée du Nord à travers de grande baies vitrées. Inédit ( je n’ai aucune photo de la partie Corée du Nord c’est strictement interdit, nous ne pouvions photographier que la partie Sud). Pour l’anecdote quand la Corée du Nord utilise des tirs de missiles sur la Corée du Sud, celle ci répond par des hauts parleurs géants qui diffusent de la k-pop jusqu’à 20 km en Corée du Nord. Affront insupportable pour Pyongyang qui accuse le Sud d’alimenter les tensions.











Pour digérer toutes les émotions et les informations accumulées, nous avons fini la journée par une balade méditative le long de la rivière Cheonggyecheon, , un cours d’eau aménagé de près de 6 km de long qui traverse le centre-ville d’ouest en est. C’est un ancien égout recouvert par une autoroute surélevée, qui a été transformé en 2005 en une promenade piétonne et écologique très appréciée des seoulites et on comprend pourquoi. On rejoint par cette promenade le marché de Gwangjang où l’on se restaure de stands en stands.












J’espère que vous arrivez à apercevoir avec mon récit la complexité de cette ville résolument tournée vers le futur mais qui n’a pas totalement réglé son passé. On se retrouve une prochaine fois pour la deuxième partie de Séoul afin de tenter d’éclaircir tout ça. Bises.
NB : A l’aéroport, il faut être efficace pour ne pas y rester des heures. Et après un grand voyage quitter l’aéroport le plus vite est notre leitmotiv. D’abord la e-arrival card, il vaut mieux la remplir 3 jours avant sur le site officiel Korea e-arrivalcard, cela évite le petit papier à l’arrivée. Pour la carte de transport T-money (tu as l’application mais c’est valable que pour 1 carte donc si tu es solo ça va), il faut savoir que pour les adultes elle s’achète et se charge directement au guichet des tickets de bus, mais pour les enfants c’est dans le mini konbini en face (pourquoi on se le demande encore?). Puis les bus desservent depuis l’aéroport facilement tout les coins de la ville. Nous avons pris le 6701 qui nous a déposé au pied de notre hôtel (le Koreana). Hotel en passant bien situé en face de l’hôtel de ville.
NB2: Le Musée Folklorique est entièrement gratuit, pas d’audioguide mais avec l’application Papago on peut tout traduire. En parlant d’application il faut télécharger Naver map qui remplace google maps en Corée.
































































































































































































































































