Sur la route

La route est un voyage à part entière. Quand on part d’une étape pour la suivante, la route qui nous permet de réaliser cette liaison est toujours une découverte. On évite les autoroutes, et c’est en prenant les chemins de traverses que nous pouvons découvrir bien mieux le pays. Nous avons environ 8 heures de route jusqu’à Tampa, autant l’apprécier et en faire un compagnon de voyage. Nous prenons le temps donc nous ne faisons pas ce trajet d’un trait, nous dormons une nuit à Naples.

Nous sommes partis des Keys en direction de la baie de Naples à l’Ouest, en empruntant la Route 41. Pourquoi celle ci ? Elle traverse les Everglades et le parc national de Cypress. C’était donc l’occasion de profiter à nouveau de ce paysage de marécage incroyable. La route est toute droite, il n’y a quasiment aucun virage. On traverse le territoire des tribus amérindiennes des  Miccosukee et des Séminoles qui sont aujourd’hui les deux seules reconnues en Floride par le gouvernement fédéral des États-Unis, même si les Séminoles par exemple ne reconnaissent pas le gouvernement. Nous nous sommes arrêtés faire un stop dans une station tenue par les Miccosukee, c’était cinématographique, rien n’a bougé depuis des lustres, une sorte de Bagdad Café version station service de Floride.

Puis nous avons à nouveau roulé sur ce ruban interminable sans se lasser. Si vous prenez la peine de regarder à coté au hasard ou bien suite aux cris d’un de vos enfants (!), c’est hallucinant vous verrez des centaines d’alligators qui se dorent la pilule sur la mangrove, des grosses tortues qui jouent aux équilibristes sur les cailloux, des oiseaux noirs, assez grands, ailes écartées qui sèchent sur les arbres, des ibis courageux qui en profitent pour balader dans le marais. Un vrai safari. Il y a un point aménagé avec ponton (« oasis center » vers le milieu de la route) où l’on peut s’arrêter en sécurité pour observer la nature. On ne peut descendre que là, c’est à vos risques et périls de descendre du véhicule ailleurs. Mieux vaut ne pas crever ou alors être très efficace.

Changement de paysage pour le lendemain où nous avions décidé de découvrir deux plages spéciales en passant par la route côtière, direction Tampa. La première est sur l’île de Sanibel, c’est une plage uniquement faite de coquillages, on devait chasser les plus beaux spécimens et manger tranquillement au bord de l’eau mais la route réserve toujours des surprises bonnes ou mauvaises.

Une fois la ville de Naples passée, en direction de Sanibel et Fort Myers, on traverse un paysage de désolation. Nous avons eut l’impression d’arriver sur champ de bataille juste après la bataille. Incroyable les maisons découpées, les pontons arrachés, des bateaux empilés, la route ensablée, des montagnes de débris et les palmiers sans palmes. Des quartiers généraux et des drapeaux américains partout. C’était dingue. On a vu directement les dégâts des deux ouragans de l’automne Ian et Nicole. On ne se rend pas compte de la violence et des conséquences de ces tempêtes depuis notre continent. J’ai fait quelques photos en gardant bien à l’esprit qu’il n’y a aucun voyeurisme de notre part, elles sont là pour illustrer mon propos.

Du coup notre plan de départ pour l’île de Sanibel s’est vu chamboulé vous imaginez bien. Les plages dans ce secteur sont impraticables et interdites. On a continué vers le Nord et la plage de Caspersen. Pourquoi cette plage? Elle est spéciale! C’est un ruban de sable très beau. On s’y gare facilement et gratuitement, on y accède par des petits pontons et là le spectacle est surprenant. Tout le long de la plage des gens de tout âge raclent le bord de l’eau avec des petits rateaux-filet (un peu comme pour ramasser les tellines chez nous) , mettent leur récolte sur des tamis et s’agitent! Ici le trésor c’est : les dents de requins! Les américains qui aiment les superlatifs l’appelle la capitale mondiale des dents de requins. Nous l’avons vérifié : avec de la patience et de la chance on peut ramasser des dents de requins! Je vous laisse imaginer notre excitation. Pour ne pas en perdre une miette nous avions prévu le pique nique et avions pour ambition d’en trouver au moins une chacun, équipés juste de nos mains. Concurrence déloyale des locaux qui arrivent ici armés : tamis flottant ou sur pied, racloir, seaux, glacière et chaises longues pour la pause. Mais en bons challengers, nous n’allions pas jeter l’éponge. Notre persévérance a bien été récompensée, nous repartons la tête haute et avec un petit butin!

On y trouve des petites dents mais aussi des dents de Mégalodons, c’était l’objectif de Basile mais là c’était ambitieux. Et je pense que la quête de toutes les personnes sur cette plage est la même : trouver une dent du superprédateur!

Savez vous que les dents sont noires car elles sont fossilisées, en fait on a ramassé des dents vieilles de millions d’années. A la décomposition des requins, les dents tombent au fond de l’eau, protégées par les sédiments, elles se fossilisent et à la faveur des courants marins et des tempêtes viennent s’échouer sur les plages. Fabuleux.

Et c’est en se rêvant aventuriers et paléontologues que nous remontons dans la voiture pour Tampa.

Une réflexion sur “Sur la route

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s